Sur quelle étagère me suis-je posé depuis tout ce temps?
J’étais coi. Oui j’étais quoi ? Je me suis perdu dans toutes ses pages
J’en appel à mon corps, sa santé est préoccupante mais son état gère.
Mon cœur n’était pas à la fête, j’en doute. Il faut que je me livre :
Disons qu’il flotte comme une mélodie, comme un air de chanson à tue-tête
Comme une simple et obscure envie de me prendre enfin à la fête.
Disons qu’il se dépose sans doute sur mon cœur un léger parfum
Comme quelques gouttes, un zeste de sensation qu’il me reste ce matin.
Il m’a suffit d’à peine quelques mois, même plusieurs semaines.
Les jours avec l’érosion se sont effrités. Mais aujourd’hui j’en souffre à peine.
J’ai cru souffert dans un passé récent, j’y ai cru.
Je garde comme un goût d’inachevé, comme le goût d’un légume cru.
Cette douleur soudaine bien qu’attendu m’emmenait au-delà des barrières
M’avait propulsé loin, poussé même hors frontières.
Ce souffle inspiré n’était sans rappeler ce voyage en montgolfière.
Je me suis retrouvé dès lors seul, sans compagnie, avec les seuls pieds sur terre.
La tête et le reste du corps, eux, passaient les nuages
Je n’y ai vu que de la glace pendant des mois, je n’ai pas rêvé.
Tout autour de moi, le monde s’est figé, j’ai presque oublié mon âge.
Le noir avait pris place, il pensait peut-être s’être définitivement installé.
Ces sont ces choses essentielles, ces envies que tout le monde a.
Ces choses qui nous condamnent à réagir, à sortir les mains de ses poches
J’ai envie de réussir, alors qu’on me montre le chemin que je pointe du doigt
Et me dire finalement que j’ai manqué de peu le coche.
J’ai enfin envie de plaire, de séduire, d’aimer pour de bon.
De promettre à ma future bien-aimée, que notre amour est sacré
J’aimerais seulement la toucher du doigt, l’inscrire à mon Panthéon
Lui jurer au fond des yeux tout mon amour et le graver sur du papier.
Que rien d’autre au monde ne pourra supprimer ce lien qui nous tient
Lui dire que j’ai tant besoin de toi, et que la vie sans elle
Serait un papillon sans aile, laisser une porte close derrière soi.
J’aimerais ne pas voir ma propre vie filer entre mes doigts.
L’envie aussi de l’avoir sous mon bras, me dire qu’elle si sent bien
L’envie de la voir sous mon toit, l’envie de la garder près de moi
Lui dire que l’argent, le confort, le luxe ne sont qu’accessoires
Et que l’on n’a pas besoin d’une fortune pour, sur un banc, s’asseoir.
J’aimerais voir ces yeux, qu’elle me dicte la suite à écrire
Car mon stylo a perdu la main, il y a longtemps qu’il laisse des traces.
Je suis tombé en rade, avec mes seuls yeux pour pleurer, et dire
Que cette feuille blanche tardait à se faire désirer quand on fût face-à-face.
Et dire que les pannes pendant longtemps se succédèrent
Je n’avais su trouvé l’inspiration, ces choses à dire, ces mots qui claquent.
Trouver ces thèmes d’écriture inabordables que je considère
Au fond comme des quelconques faits de vie que l’on relate.
Alors qu’on me donne l’envie de croire, la liberté de voir plus loin
Pour me consoler du passé. Ce passé m’avait réduit plus bas que poussières
J’ai eu peur c’est vrai de ne pouvoir faire le ménage dans tout ça.
J’aspirais à davantage de bonheur, à une éclosion innocente, rien que ça.
Aujourd’hui je rêve à nouveau, de croire qu’un ciel existe
J’ai repris foi en moi, la conscience et mon orgueil se sont relevés.
Ce n’était sans savoir que dans ces conditions l’envie persiste.
En illustre dessinateur je me suis taillé des pages de portrait.
Et ce tunnel a ainsi pris fin, le chemin le plus court n’était pas la ligne droite
Au fond le plus beau dans ce monde c’est de croire qu’on n’est pas seul.
Qu’il se passe des choses qui se prolongent derrière soi
Qu’il y a une vie après la notre, car il faut que le temps passe.
Mais que reste-t-il donc de ce faux-semblant, ce moi ordinaire,
J’ai mis du temps, il m’a fallu du courage et des nerfs pour m’en défaire
Au fond je ne suis rien qu’un vivant sur cette triste et maudite terre
Qui elle aussi dans un élan de souffrance finira par s’y faire. |